Interventions

Les interventions sont l’ensemble des actions de conservation et de restauration exécutée sur une oeuvre.

En suivant les principes déontologiques de la profession, le restaurateur se doit d’intervenir le moins possible. Il applique le concepts d’intervention minimale.

L’intervention minimale est un principe déontologique essentiel désignant le traitement nécessaire et suffisant pour prolonger l’espérance de vie d’un bien culturel. La maîtrise dans le temps de la stabilité et de la réversibilité des matériaux et techniques employés est difficile. C’est pourquoi il est courant d’appliquer un principe de précaution limitant toutes les interventions qui peuvent entraîner des transformations du bien culturel. Cependant, l’intervention minimale ne doit impliquer ni la réduction des moyens techniques, ni celle des moyens financiers.

Toujours selon la déontologie, toute intervention de restauration sur une oeuvre se doit d’être réversible dans le temps.

La réversibilité constitue en effet un objectif déontologique essentiel, laissant la possibilité de retrouver un état antérieur à l’intervention. Tout élément étranger ajouté lors d’un traitement de conservation-restauration (montage, adhésif, retouche) doit ainsi pouvoir être retiré sans dommage. Ce principe exige la bonne connaissance des constituants du bien culturel et la maîtrise des matériaux utilisés lors du traitement ainsi que celle de leur vieillissement.

A cela s’ajoute les concepts de conservation préventive et de conservation curative ou restauration. Ces principes ou actions sur l’oeuvre ont un impact différent sur l’oeuvre et la restauration de celle-ci.

Conditionnement de parapluies datant du XIX ème siècle

La conservation préventive regroupe l’ensemble des actions entreprises indirectement sur les biens culturels. Elle agit sur leur environnement afin d’en retarder la détérioration ou d’en prévenir les risques d’altération. Ces interventions permettent de favoriser ou de créer les conditions optimales de préservation du patrimoine culturel, compatibles avec son usage social. La conservation préventive s’exerce lors de la manipulation, de l’utilisation, du transport, du conditionnement, du stockage et de l’exposition des biens culturels. Les actions de conservation préventive peuvent être des gestes simples et de bon sens (préserver les objets en cire de la chaleur ou des documents en papier des conditions excessives d’humidité relative ou de lumière par exemple) mais également des opérations de grande envergure et complexes lorsque les biens culturels sont monumentaux, nombreux, de natures différentes, fragiles, etc. Stockage d’un fonds de négatifs photographique. Ceux-ci sont conditionnés dans des pochettes individuelles en matériaux stables, adaptés à la conservation et répondant aux normes en vigueur.

Traitement d’urgence d’une oeuvre sous anoxie. L’anoxie est une technique qui prive les insectes xylophages d’oxygène. L’oeuvre est placée dans une poche hermétique et laissée dedans pendant une période d’un mois ou plus en fonction du degré d’infestation.

La conservation curative comprend l’ensemble des actions entreprises directement sur les biens culturels dans le but de stabiliser leur état: elle impose d’agir en priorité sur les altérations évolutives en arrêtant leur processus de détérioration. Ainsi, elle consiste parfois à renforcer structurellement le bien concerné. Elle se différencie d’une part, de la conservation préventive qui agit principalement sur l’environnement des œuvres et d’autre part, de la restauration qui vise plutôt à restituer la signification du bien culturel. Par exemple, si un carton de montage acide altère une gravure, le retrait de ce carton constitue une opération de conservation curative, tout comme la désinsectisation d’un bien contaminé ou encore la consolidation d’une peinture murale dont les enduits se désolidarisent de la paroi, sans pour autant réintégrer les manques.