Réintégrations colorées ou retouches

L’une des étapes les plus importantes et remarquables de la restauration, est la retouche ou la réintégration colorée. Cette phase est esthétique et il existe diverses techniques pouvant être utilisées lors de cette opération.

Les techniques de retouche des tableaux

  • La retouche illusionniste est la technique la plus complexe à mettre en oeuvre. Elle permet au restaurateur de rendre la retouche « invisible ». Cela se produit par la combinaison de superpositions, de couches de glacis et de petits points additionnés entre eux. Cet ensemble permet d’atteindre un niveau de détails sans précédent. Cette technique est spécifiquement utilisée pour les œuvres peintes sur des supports tels que la toile, le bois, la pierre, le métal ou l’ivoire.
  • Le pointillisme est une technique permettant l’application des couleurs par succession de petits points. Cela permet à une certaine distance de l’œuvre de recréer l’illusion optique d’une couleur uniforme, mais la retouche sera visible de près. Cette technique est basée sur la technique divisionniste des couleurs que les peintres pointillistes ont mis en place, lors du courant artistiques pointillistes. Cette technique peut se pratiquer avec une multitude de couleurs, mais il est aussi possible de l’utiliser en tri variance : c’est-à-dire en n’utilisant que le jaune, le rouge et le bleu.
Exemple de restauration qui utilise le pointillisme
Exemple de restauration en trateggio
  • La technique du trateggio a été mise en place en Italie après la seconde guerre mondiale. C’est une technique reconnue et prisée en Italie ou des restaurateurs de fresque. Celle-ci est particulièrement adaptée aux œuvres primitives italiennes, c’est-à-dire les peintures sur bois réalisées entre le XIIème et le XVème siècle. Cette technique consiste à juxtaposer des petits traits verticaux de couleurs pures, afin que l’œuvre retrouve sa lisibilité et son unité esthétique, lorsqu’on s’en éloigne. Cette retouche est cependant visible, elle aussi, de près. Il s’agit là d’un choix déontologique. L’objectif est de respecter l’oeuvre : ses stigmates, son histoire, mais également son observateur : l’oeuvre est livrée à son regard, dans son véritable état de conservation.

Les liants et matériaux de retouches

Le conservateur-restaurateur peut utiliser plusieurs outils pour faire des retouches. Il peut utiliser des préparations colorées déjà préparées et qui sont réversibles tels que les “Gamblins” ou les “Maimeri”. Ces préparations sont présentes sous formes de tubes et sont constitués du mélange d’un pigment et d’un liant de synthèse réversible.

Le restaurateur peut également préparer lui même sa palette à retouches, en réalisant ses mélanges pigments/liants. Cela permet de choisir exactement le pigment et la couleur recherchée, ainsi que le bon liant.

Chaque restaurateur applique sa propre technique. Certains se sentiront plus à l’aise avec un matériel déjà prêt à l’emploi, alors que d’autres préféreront préparer leur palette.

Échantillons des pigments “Ocre de France”.


Missions Art et Patrimoine utilise ces deux alternatives.

Les pigments et les liants utilisés dans la palette faite par nos soins, sont tous de qualités et proviennent essentiellement de la marque “Ocre de France”.