Cadre et dorure

“Tout ce qui brille n’est pas d’or… depuis que l’homme sait travailler les métaux, l’or est devenu un métal symbolisant la richesse et le pouvoir d’une personne. L’apport d’or dans certaines œuvres permettait de renforcer sois un côté religieux, soit d’illustrer le statut social du commendataire par une présence abondante d’or.”

Pose de feuilles d’or sur un cadre du XVIII ème siècle. Technique de dorure à l’eau.

Une dorure est une application d’or qui peut-être faite sur du bois, du métal, du verre ou de la céramique. C’est également par extension une application de cuivre ou d’un autre métal imitant l’or, par exemple : une argenture recouverte d’un vernis jaune.

Missions Art et Patrimoine propose un service de restauration de cadres et de dorures, sur supports bois, cadres ou tableaux.

Sur un cadre doré, le restaurateur peut choisir entre différentes techniques de dorure, en fonction du support, de la nature de la feuille voulue et de l’adhésif utilisé.

La dorure à l’ eau

Dorure à la feuille d’or, technique de dorure à l’eau sur un cadre datant du XVIII ème siècle..

Les feuilles d’or sont appliquées à l’eau sur l’assiette, dont la colle, au contact du liquide, se régénère. Elles peuvent être ensuite recouvertes d’une légère couche de colle de peau (très diluée dans de l’eau) : le matage. La colle traverse les feuilles poreuses et s’accroche sur l’enduit. L’or qui est pris en “sandwich” devient mat et résiste mieux à l’érosion. Les brillances sont obtenues par écrasement à la pierre d’agathe.
Le doreur met quelquefois à profit l’épaisseur de l’apprêt pour exécuter des gravures ou fixer des pierreries (cabochons romans).

Cette dorure sur laquelle nous nous attardons volontairement est la seule qui était en usagé pour tous objets en bois dorés, entreposés à l’abri des intempéries, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. La suppression des règles corporatives eut la conséquence néfaste d’autoriser des dorures mixtes sur un même objet : à la mixtion pour les parties mates, à l’eau pour les parties brillantes.

La dorure à mixtion

Le procédé à la mixtion (huile de lin siccative…) est plus facile et plus rapide que la dorure précédente. Cette technique bon marché n’offre pas les mêmes avantages de contrastes mats et brillants, que la dorure à l’eau. Le film d’huile empâte légèrement les volumes.

Une nouvelle mixtion a vu le jour depuis les années 1970 c’est la mixtion à l’eau (résine vinylique en émulsion dans l’eau). Elle procure un film plus épais que la mixtion à l’huile, ce qui est un inconvénient, car la surface métallique est moins nette, mais elle reste collée soixante dix heures d’affilées, alors que la précédente ne reste qu’une à deux heures au maximum.